Journal de bord #1 - Comment Certains Vivent

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Passé ma journée à rater mon train pour Paris, après un concert filmé avec Yann Tiersen dans un petit théâtre d'Avignon.
Une journée de répétition foutue, au final.


Reclus dans le studio parisien, enfin, où je répète, en tête à tête avec moi-même, quelques nouvelles versions, essayant notamment d'adapter à la scène quelques morceaux d'Oslø Telescopic.
Un soir concert de Gonzales à l'Elysée Montmartre un peu longuet mais bien marrant.


Photo prise par Xavier Jacques à Giverny Répétition au Grand Logis, à Bruz, près de Rennes, un beau théâtre. Je teste les nouvelles choses auprès de mes camarades de tournée. Didier, l'éclairagiste, installe la structure qui nous suivra le reste de la tournée, un arc de cercle en gélatine, qui permet de bien belles choses en lumière. Beaucoup d'alcool tous les soirs, comme toujours dans ces périodes là.

Soir du concert. Mes trois compères de tournée et moi-même stressons comme si c'était la toute première date en solo, on se fout une pression pas possible, parce que trop de gens de connaissance dans la salle (parents des uns et des autres, amis, l'ex Cocteau Twins Robin Guthrie et sa femme, récemment installés dans le coin…). Le début du concert est crispé, mes doigts m'obéissent à grand peine. Ca se décoince en chemin, mais rien d'exceptionnel. Les réactions sont bonnes, et Charles, qui me fait tourner, relance l'idée de filmer les concerts de Paris. Un peu cramé, Didier lance le nom de Grandrieux (sombre). Pas assez gothique pour lui à mon avis.


Concert dans la charmante ville de Fresnes, sa maison de correction, sa maison de détention. C'est un Festival, le Festival de Marne, où on est accueillis très moyennement (pas moyen de savoir qui est qui et qui fait quoi, comme dans tout mauvais festival qui se respecte) pou une soirée avec San Severino (excellente idée de programmation les gars…). Emmanuel Plane, de Labels, me remet le long box en fin d'après midi, tout chaud sorti des presses. C'est encore plus beau que prévu, et même le contexte pourrave ne me fait pas bouder mon plaisir. Je passerai mes trois prochains jour à le retourner dans tous les sens, à le feuilleter dans tous les coins. En attendant, le concert est plutôt pas mal, je crois, décoincé par rapport à la veille, et je sens que la version de Contre-jour, sans guitare et face au micro sampler, va devenir un de mes moments fétiches.


Festival à Reims, Octob'Rock. Problèmes insolubles de sifflements dans les amplis en balance, qui font prévoir un concert difficile, mais disparaîtront comme par magie à l'heure fatidique. Hormis s'assurer que la long box ne s'est pas évaporée, je passe ma journée à écouter l'Imprudence de Bashung, que Richard Dumas, qui a fait la pochette m'a donné à Rennes. Après la claque initiale, je constate avec soulagement (si c'est pas de la mesquinerie, ça…) qu'il n'y a pas que du bon. N'empêche , certains morceaux sont formidables, la voix a un grain terrible, et les arrangements sont assez fascinants. Haut la main ce que j'ai entendu de mieux cette année, de plus excitant et aventureux, moi qui n'était pas du tout Bashungophile il y a quelques années, et qui ai mis une bonne année avant d'admettre à quel point Fantaisie Militaire était fulgurant, à deux-trois berlingots près (que vous voulez-vous, on n'aime pas avoir tort…).

 

Au final, ce genre de disque regonfle à bloc, redonne des envies de tangente. A côté, le nouveau Michael J. Sheehy, décalque de son classique mais splendide "Ill Gotten Gains" d'il y a un an, et que j'ai acheté à Rennes, fait pâle figure.
Le dernier Low dans le genre classique, s'en sort bien mieux, avec un très beau morceau d'ouverture, ou la batterie évoque le son du Cure de Pornography.
Pour en revenir à Reims, concert tardif après deux autres groupes (dont un Elk City bien fadasse et anti-sexe au possible), et on va dire, correct. La scène n'était pas très haute de plafond, et c'est dommage pour le décor et les lumières, ça participe tellement du truc.
Là, c'est une salle rock typique et je m'aperçois, signe d'amollissement, que je suis de moins en moins hostile aux salles assises, avec vue plongeante sur la scène, et grande ouverture en largeur, type théâtre, surtout pour les concerts solo, il y a un côté mise en scène qui me rebute de moins en moins.

Malgré tout, j'essaie de faire en sorte que la liste des morceaux ne soit pas trop figée, j'ai répété pas mal de morceaux, assez pour tenir 1h30, 1h45, avec de menues variantes selon les soirs. Immuable sur cette tournée, l'intro de Dominique Petitgand, "Feu Vert", où il est question de mon rapport au sommeil (c'est marrant, certaines personnes sont persuadées que je dis le texte depuis les coulisses), enchaîné à la reprise de Manset, "Lumières" qui de part sa longueur, me permet de rentrer rapidement dans le concert. Après le concert, pas mal de gens parfois lourdingues cherchent à entrer dans les loges.
La soirée suivant son cours, je me retrouve derrière les platines, avec mon comparse Dominique Brusson (qui fait mon son sur scène depuis cinq-six ans, et a co-produit Remué, et le premier disque de Françoiz Breut), où nous testons les nerfs de la maigre assistance encore sur les lieux, en pitchant les disques à la main, en scratchant comme des manchots, et en démarrant les disques au milieu.
Rappel: nous sommes à Reims, en pleine Champagne.


Evidemment tout ça débouche sur la fatigue. Nous sommes à Pontoise, dans un beau coin de banlieue, dans un cinéma d'Art et Essai, l'Utopia, qui accueille un Festival. L'endroit est très beau, bien adapté, avec des lumières étranges au mur, et une petite estrade avec balustrade, comme un autel d'église, en guise de scène.
Je fais un concert assez piteux, en dépit de ça, la fatigue de la semaine et les nuits de cinq heures, jamais plus, se font sentir, je sors des vaseuses atroces qui me déstabilisent, tellement j'ai honte de ce que je viens de raconter. Comme d'habitude dans ces cas la, je délaye, je rallonge, histoire de rattraper le coup, ne pas laisser les gens sur une impression de relâchement, et je me rattrape un peu sur le rappel, mais c'est juste.
Avec le temps, j'ai appris à ne pas trop déprimer après coup, à temporiser.
Bilan de la semaine un peu moyen quand même, ça demande à mûrir tout ça.

Le 20. Je rentre chez moi à Bruxelles. Par acquis de conscience, je vérifie qu'il y a pas de planté sur les disques du long-box. Et bien si, il y a, "les Hauts quartiers" bégaient et c'est une erreur de pressage. Back to the factory, le bel objet.

 


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