Journal de bord #2 - Comment Certains Vivent

site officiel

Index de l'article

Quelques jours de pause, avant le départ outre-Rhin en première partie et avec Yann Tiersen, justement, pour trois concerts.

J'en profite pour lire deux livres du récent prix Nobel, le hongrois Imre Kertész, dont l'un très troublant, "Etre sans destin", sur les camps nazis, et sur l'après, une approche inattendue exempte d'ambiguïté; et le Charité de Fréderic Yves Jeannet, paru il y a deux ans, un livre-somme époustouflant, une tentative de réconciliation par l'écriture de l'auteur avec sa mère et son passé, une oeuvre à la structure apparemment éclatée mais d'une grande fluidité, malgré son aspect kaleidoscopique. J'avais rencontré son auteur aux récentes Nuits de la Correspondance à Manosque où j'étais invité, et il m'avait beaucoup marqué par la douceur de sa personnalité, la simplicité de ses réponses à une interview radio, de cette simplicité dont on se dit qu'elle découle de beaucoup de recherche et la chaleur qu'il dégageait. Un ange passait, quand il parlait, au milieu d'écrivains plus mornes ou plus conventionnellement excentriques.

J'écoute aussi beaucoup de disques, et Gibert me dit merci. Après des approches timides auprès du rayon musiques contemporaines - bien au fond du magasin -ça y est j'ai franchi le pas, suivant la méthode du hasard qui fait les choses que j'applique à tort et à raison depuis vingt ans, sur la fois d'une pochette, d'une indication tentante; beaucoup de disques achetés, aiguillé par les réminiscences du dernier Bashung, dont un magnifique du géorgien Giga Kancheli, "Lament" (label ECM), dont je parlerai mal si j'en parlais plus, car c'est une musique qui m'intimide, j'y vais à pas feutrés, mais l'espace qu'il y a dans cette musique, où chaque son semble être un évènement d'une grande densité, ouvre vraiment des perspectives. Sur un terrain plus familier, beaucoup de deniers versés pour la cause de la pop-musique, qui n'en mérite souvent pas tant, mais comment se résoudre à ne plus l'aimer ?
En écoutant le dernier Sigur Ross, par exemple, grand moment mystico-lyrico de bazar, limite Enigma. Bon j'en rajoute, ça n'est pas désagréable, mais ça sent quand même la recette, pas si loin de celle éprouvée par God Speed you machin, avec intro à rallonge sur le mode "inspiré" (avec un gros clignotant rouge : "attention :émotion"); c'est grosso modo de la bonne grosse new-wave Cocteua-twinisée, le talent mélodique en moins, qui sonne très bien, on ne peut pas leur enlever ça. Mais quand je vois la surenchère journalistique, ça n'invite pas à l'indulgence (surtout que, quand même le précédent était bien plus classe). J'arrête, j'arrête, mon amoureuse va me frapper.
Le nouveau Suicide : il appelle deux commentaires
1) Martin Rev a de vilains programmes sur ses nouveaux synthétiseurs
2) la voix d'Alan Vega (un des meilleurs du rock) est intacte. Tant qu'à faire, je vous conseille d'aller le retrouver sur le beaucoup plus inspiré, un peu moins roue-libre, V.V.V., concocté avec les finlandais de Pan Sonic en 99 sur Mute ou Blast First je ne sais plus, pour une séance mémorable de chaud (la voix) et froid (la musique).

Au rayon "bravo les gars", le maxi électro-folk de Sébastien Schuller, à la hauteur de la rumeur, avec une belle chanson "Weeping Willow", la mélodie montagnesque, et trois instrumentaux très convaincants, le dernier notamment dans la catégorie "bonne nuit les petits".

Un nouveau (?) groupe, The White Birch, avec un album "Star is just a sun", scandinave, d'après les crédits, avec de très belles mélodies, le piano noyé dans la réverbe, une voix assez proche d'un des norvégiens de King Of Convenienence, et une new waverie imparable sur deux accords, "Beauty King" (Glitterhouse records). Pas incontournable mais bien agréable et cotonneux, entre Julle Cruise et Bark Psychosis, par exemple.

Après vérifications, il s'agit en fait de Norvégiens. Quelques titres en libre téléchargement sur leur site.


Enfin pour les amateurs de musique africaine (formulation nulle), la réédition d'une série initiée à la fin des années '60 sur le label None Such, les Explorer Series, pour laquelle ont été collectés musiques et chants sur le continent noir, selon le principe utilisé entre autre par Alan Lomax pour ses Filed Recordings américains. Celui que j'ai acheté (au prix peu prohibitif de 12 € ), High Life and Other Popular Misic, n'a pas l'aspect ethnologique de certains autres dans la série, et propose une musique généralement assez joviale, joué par un combo ghanéen de 11 musiciens, empruntant tant aux rythmiques locales qu'à des styles populaires américains et européens (jazz, calypso…) c'est assez élégant et mystérieux (des fois même paradoxalement assez retenu vue la vitalité qui s'en dégage) pour ne pas être assimilé à une sorte de vieille kitcherie à destination des p'tits blancs (on n 'est pas chez Yma Summac).

Bon, stop, à la prochaine, le Tour bus des Tiersen m'attend. 

 

 


Prochains Concerts

Plus de dates >>>

RT @perlimpinpin19: @franceinter que c est doux de passer cette soirée en écoutant la black session du grand Dominique A.
Petite surprise, Dominique A ce soir sur @franceinter à 21h pour la rediffusion du concert solo du 10 décembre dern… https://t.co/Ycnh1JTdMO
RT @eureka_le_chat: @CCertainsVivent @popculturescie @_matthieudufour @yched Petite séquence bonus datant de 1993 offerte par un autre fan…