Rapport d'inactivité #5 - Comment Certains Vivent

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Qu'ai-je fait de l'humide Mai, ceci mis à part ? Des chansons, des petites et peut être des grandes, ne cachons pas notre joie. Il y a du monde sur le chantier, et il se pourrait bien que le sabbat tourne court. Il a déjà pris un coup dans le nez préliminaire avec le "Camarade" de Ferré, la reprise, imprévisiblement choisie comme ambassadrice médiatique de la compilation qui vient de sortir. Pas mal, d'ailleurs, l'objet, loin devant la calamiteuse compil autour de Brel d 'il y a quelques années, pas difficile, remarque; dans l'ensemble, c'est étonnamment plutôt sobre, pas de fautes de goût énormes, et même quelques pépites (bashung, évidemment, épaulé par les Hurleurs, pour une version bastringue, hachée menue, d' "Avec le temps", très addictive passé l'effet premier de -mauvaise- surprise). De façon un peu inattendue, les deux-tiers des participants se sont concentrés sur des chansons poétiques, des romances, écartant en majorité la période libertaire. On peut juger ça un poil démissionnaire par rapport à Ferré, mais personnellement je persiste à penser que les textes contestataires gagnent à n'engager que leurs auteurs. La colère, en chansons, c'est une drôle d'affaire, le taux de réussite est infime ça transpire souvent la mégalomanie, le désir de gourouisation, quand la peur reste, elle, une valeur sûre pour l'écriture. S'approprier la colère d'un autre... bon courage à ceux qui essaient. Surtout la colère bab' à poil dur du Ferré 70, qui m'a toujours rebutée.

Du coq à l'âne : au Nouveau Casino, les Little Rabbits ont joué, deux soirs, pour la sortie de leur anthologique Radio. J'y suis allé, pour y retrouver quelques chères connaissances et goûter à la madeleine vendéenne, puisque les concerts se proposaient eux aussi de revisiter l'histoire. C'était très bien, certains morceaux de facture noisy notamment qui n'avaient point perdu leur verdeur ("Psychodrama", en ouverture, gemme sous influence R.E.M., jadis reléguée sur un E.p., au même titre que l'excellent slow balloche "Gorgeous Louise"), et "la Grande Musique", réminiscence des Gong et autres Dashiell Hedayat enfumés de la fin '60, est un morceau puissant. Alors, pourquoi se manque de considération des lapins vendéens ? Ce foutu nom ? Les potacheries ("c'est l'inspecteur Derrick" franchement les gars...) et c'est tout ? combien d'a priori ...

Et puisque nous sommes sur ce terrain, les a priori, les miens ont pris du plomb dans l'aile dernièrement avec le premier longue durée très court (28 min) de Bastien Lallemant, "Les premiers instants" un trentenaire qui chante à la guitare en bois des chansons manifestement inspirées par les grands anciens (Brassens et le jeune Gainsbourg en tête), dans le genre de ce qui se fait aujourd'hui dans la jeune génération d'ici, c'est à dire éminemment passéiste, pour qui l'électricité sert exclusivement à allumer la lumière et à faire marcher le frigo. Et bien surprise dans ce style honni, ce disque me touche beaucoup. Ça tient à la belle réserve qu'il y a dans la voix de ce garçon, quand tant font les coqs derrière le micro, lui, beau timbre de voix en poche, fait montre de chaleur de façon humble et sincère, jamais ramenard, ni démonstratif. Il paraît qu'il aime beaucoup Nick Drake, ceci explique peut être cela. Mon chouchou du moment quoiqu'il en soit, avec le Radiohead, bien entendu, pas le meilleur Radiohead, non mais moins intimidant que "Ok computer", plus à hauteur d'homme, et de ce fait plus addictif, je trouve. Et puis putain, "There There", merde...

Au rayon a priori, encore, on m'a filé le dernier "Raphael", eh bien c'est pas mal du tout, pour peu qu'on n'ait rien contre les voix nasillardaigües (c'est un disque assez triste en fait, qui navigue en eaux manséennes, Manset qui se fend ici d'un "Etre Rimbaud" faiblard (il faudrait lui prêter des livres à Gérard ou qu'il s'inscrive à la bibliothèque du coin). Derrière tout ça , il y a la belle équipe de "L'imprudence" de you-know-who, et des gens d'Albion, pas des manches ni des squales (de chez Bowie, Portishead et Talk Talk). Ne vous arrêtez pas au single "Sur la Route", comme presque toujours, et vous me le ressortirez d'ici un an, merci d'avance, un des plus mauvais morceaux du lot, avec en plus l'horrible organe de Jean-Louis Aubert (là, c'est hors à priori, ça sort de la case, chouette type mais bon, non, pas dans mes oreilles).


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