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Février 2009



Jean-Pierre Martinet Jean-Pierre Martinet était un écrivain français alcoolique (un écrivain, quoi), qui, dans les années 70, écrivit quelques livres superlativement désespérés qui, comme de juste, ne rencontrèrent aucun succès. Il avait coutume de se présenter comme suit : « Jean-Pierre Martinet a eu un parcours exemplaire : parti de rien, il est arrivé nulle part ». Pas du genre à monter une start up, donc. Il est mort à 44 ans il y a 30 ans, et va savoir pourquoi, ses livres ont été réédités chez plusieurs éditeurs ces derniers mois, et notamment, chez l’excellente maison bordelaise Finitude, « Jérôme », son plus haut fait. « Jérôme » est un roman à l’image de son héros : monstrueux, hénaurme, centré autour d’un personnage dostoïeskien qui aurait fait ses classes chez Céline et vaguement chez Rabelais (mais alors Rabelais égaré chez Schopenhauer), un obèse de 40 ans qui vit avec sa mère (qu’il appelle mamame), se nourrit exclusivement de museau vinaigrette, et dont le raffinement intellectuel et l’aspiration à l’élévation de l’âme, et conséquemment à une certaine sainteté, sont mis à mal par l’existence d’une collégienne de 14 ans, qui le rend fou d’un désir qu’il abomine et le conduit régulièrement à l’abjection. C’est le récit d’une paranoïa aigue, qui condamne la réalité à de perpétuels dérèglements, une marche hallucinatoire et macabre dans un Paris infernal. C’est fulgurant, drôle, et par moments intenable (la complaisance dans l’abomination, classique, mais un petit cran de franchi avec Martinet), un réquisitoire contre la vie aussi réjouissant qu’odieux, et stop les épithètes. Un vrai voyage au bout de la nuit. Pas près de l’oublier, celui ci.

Les racines du rockUn beau livre, comme on dit, exhaustif et passionnant : « Les racines du rock », de Florent Mazzolenni, qui remonte le phénomène à la source, depuis le blues noir et la country blanche qui se propagent au sud des Etats-Unis dans les années 30 jusqu’à l’âge d’or du Rock’n Roll, au mitan des années 50, et à son sacre lorsqu’Elvis passe en 56 au Ed Sullivan Show. Le livre rend admirablement compte de la façon dont les genres musicaux s’interpénètrent au fil des décennies, alors que l’urbanisation croissante, la migration des noirs du sud vers les grandes villes du nord, contribuent à l’expansion d’un marché discographique où la ségrégation raciale, alors bien réelle, ne passe au fil du temps plus par les oreilles et le bassin des gens, lorsque le rock’n roll devient la bande son exubérante et universelle de la prospérité économique et de l’optimisme des années 50 (oui, ça laisse songeur). Documentation impeccable, iconographie riche, Noël avant l’heure quoi.

Je marchais dans les rues avec ma douce l’autre soir. Nous avons croisé un couple et mon amour m’a dit : « Tu as vu ? ». Moi : « Quoi ? ». Elle (me désignant les deux silhouettes qui venaient de passer) : « Ce couple… ». Moi : « Eh ben quoi, ce couple ? ». Elle : « Eh bien, c’était Jean-Pierre Marielle avec sa femme ». Je me suis retourné, et j’ai regardé la longue silhouette marcher lentement, la tête dans ses épaules, derrière sa compagne. Et puis ? C’est tout.

Bonne fin d’hiver à tous.

 Dominique A

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