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Sur le vif #6

Ouh là, ça passe, hein, des jours, des mois entiers, et pas une ligne sur le site. Un coup de mou, garçon ? Si peu, si peu. Juste le sentiment de n’avoir JAMAIS autant donné, à droite à gauche, que ces derniers mois, vous l’avez vu, sans doute. Prémisses de geignardise ? Mais non, c’est pour mon bien, toute cette dépense d’énergie, je n’oublie pas, c’est pour mon bien. S’arrêter un peu, c’est pas mal, quand même. Et avant fermeture provisoire du magasin, les stores baissés du mois d’août, et parce que je n’ai pas d’imagination, un coup de rétro sur quelques uns des disques écoutés dans le train (car oui, j’en ai vu défiler, de la voie ferrée, ces temps derniers), avec petit laïus à la clé, ceux dont je n’ai pas parlé çà et là, quand je parlais de moi.

A commencer par le « Chevrotine » d’ Holden, que je m’en veux d’oublier de citer quand on me pose la question du kérosène pour les oreilles. Alors voilà, oubli réparé, pour la suavité de l’affaire, la richesse sensuelle du son, qui confine à la maniaquerie dans le choix des réverbes, et les sentiers profonds du songwriting, avec l’inaugural «Ce que je suis» en point d’orgue, au mystère durable. C’est beau.

Scott Walker, « The drift » : presque amusant à force d’être « difficile » (l’épithète favori des crétins). En fait, tout est y est assez limpide, bien structuré, avec enchaînement de parties oscillant entre mini- et maxi-malisme, et science consommée de la dynamique, une anomalie dans ce royaume de la compression et du son écrabouillé contre le côté droit du curseur qu’est la pop music. Oui, pop music, car c’en est encore, c’est juste que la voix évolue sur pas d’accords pleins, comme flottant sur des soustractions d’harmonies. Boursouflures occasionnelles, et grand guignol gothiquissime récurrent n’empêchent pas l’objet d’être passionnant, et tellement à part que c’en est réconfortant.


Dans le désordre, toujours –mais c’était tellement le bordel ces temps ci, alors…- : Barbara Carlotti et ses « Lys brisés » ; j’aime beaucoup sa voix grave, involontairement hautaine et bien posée, et ses partis pris musicaux et textuels « à l’ancienne », qui ne fleurent ni le renfermé ni le second degré. Elle m’avait remis son premier disque à un concert de Jeanne Balibar, je lui avais sorti un truc pas finaud genre « oh, je peux rien pour toi », pensant qu’il s’agissait d’une démo en quête d’un verdict, quand il s’agissait d’un cadeau. Toujours à se méfier, quel crétin…

J’en ai causé dans Epok, mais devant la passivité de l’auditoire, je me permets de remettre le couvert ; le groupe Earth et son terrible, au sens hugoïen du terme, « Hex : or printing in the infernal method ». C’est un duo américain, femme et homme, batteuse et guitariste, qui joue du drone, genre de métal slowcore instrumental lentissime, juste avant effondrement total du tempo. On dirait des versions sans voix et ralenties du « Buenas tardes, amigo » de Ween (sur l’album « Chocolate and cheese », 1994, si je ne m’abuse) : autant dire une idée du bonheur. Méfiance, encore, mais pour la bonne cause cette fois: il y apparemment deux Earth qui font de la musique en ce bas monde. Se replier sur le rayon métal. Et n’en plus déloger avant d’en extraire cette pépite.

 

Cadeaux : des productions du label Rude Awakening, dont j’ignorais l’existence, donnés après une rencontre sur la place centrale de La Motte-Beuvron, où le train Paris-Bourges, immobilisé par un incendie quelque km plus loin, nous avait lâchés, un bel après midi d’avril, Dominique Brusson, moi et quelques autres 900 mélomanes, au grand bonheur du débiteur de boissons local, probablement vautré sur une serviette aux Barbades à l’heure actuelle, avec l’argent de la recette. Un des musiciens accompagnant l’excellent Sylvain Chauveau dans ses reprises de Depeche Mode, et rencontré ce fameux jour qui nous vit côtoyer Jack Lang (qui, bien que m’ayant salué ce jour là, prit le susdit Brusson pour moi le lendemain dans un hôtel) et Bertrand Delanoë sur la place de La Motte-Beuvron (Ségolène avait déclaré forfait), est en effet l’initiateur de ce beau label de musiques croisées (jazz, contemporain, post rock, pour faire court, entre E.C.M. et Tzadzik), dont notamment le « Nocturnes », dialogue fructueux entre la guitare électrique de Patrice Soletti et la clarinette d’Aurélien Besnard, m’a agréablement tiré l’oreille. Musique introspective, frayant sans affectation avec le silence, avec un parfait équilibre entre mélodie et dissonance, harmonie et bruitisme. Sylvain Chauveau

 

La maison tellier Cadeau, encore (tous ces gens qui me veulent du bien…) : « La Maison Tellier », groupe normand, je crois (label Euro-visions), qui lorgne sans vergogne sur le premier Palace Brothers, et qui lorgne bien, ils y gagnent un beau petit son rupestre et cheap qui sied si bien à cette musique. Le chanteur chante bien, des paroles pourtant pas toujours à la hauteur, je trouve, mais ça me plait bien quand même dans l’ensemble, alors merci les gars, beau son. J’en profite pour dire que parmi les disques qu’on me donne, maquettes pas comprises, si je ne parle pas de tout le monde, ce n’est pas forcément par déficit d’affection, non, c’est parce que je n’écoute pas tout. Sinon, je n’écouterais rien d’autre que ce qu’on m’offre. Voilà.

Pas un cadeau : I love you but I’ve chosen darkness. Et ben moi, je ne t’aime pas et je vais ouvrir les fenêtres.

Mamani Keita, chanteuse malienne, a dernièrement réalisé un très beau disque, « Yelema » avec Nicolas Repac, merde, mon ordinateur a failli faire une contrepèterie, sur le bien nommé label No Format ! Ils ne sont pas si fréquents, à ma connaissance, les mariages réussis entre folk traditionnel, voire ancestral, et bidouillages électro-acoustiques sur samplers, l’un des deux y laisse généralement des plumes (devinez lequel). Pas ici, où tout sonne comme organique, régénéré et foisonnant, tant d’un côté que de l’autre. Mamani Keita
Beirut Beirut : « Gulag Orchestra » : incroyable, ce truc, de l’indie balkano-lyrique imaginé et conçu par un minot américain de 20 ans à peine. Et franchement très réussi, mélodiquement aussi inspiré que Sufjan Stevens, dont les « chutes » d’ «Illinoise» laissent d’ailleurs songeur(« The avalanche »)… Je veux bien lui descendre ses poubelles, au Sufjan, des fois que des chutes de chutes s’y nichent...
RT @popnews: C'est toujours un plaisir de retrouver Dominique A, et en plus pour deux disques en 2018 ! https://t.co/waWAgNM7Zj @WagramDigi
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Rendez-vous le 24 mars à @lasirene17 de La Rochelle pour le coup d’envoi de la tournée de Dominique A. Plus de 20 d… https://t.co/ZKEvqA6GoM
Dominique A en tournée ce printemps, dans la foulée de la sortie de l’album « Toute Latitude ». #joiehttps://t.co/ImQuyPTfpN
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